
Seul rescapé d’un crash d’hélicoptère militaire en 1986, le commando breton Christian Grossmann a retrouvé l’homme qui l’avait sorti de l’eau.
Quarante ans après le crash, Christian Grossmann a retrouvé l’homme qui l’avait sorti de l’eau, Christian Gueguen, qui avait ensuite poursuivi sa carrière à porter secours aux marins en détresse. | OUEST-FRANCE
Publié le 14/03/2026 à 18h30
Haut du formulaire
Bas du formulaire
Je ne l’avais jamais revu depuis le sauvetage. Ça vous tire les larmes des yeux ! Quarante ans après le crash de l’hélicoptère militaire dont il avait été le seul rescapé au prix d’une dizaine d’heures passée dans une eau à 8° au large de la Corse, le commando breton Christian Grossmann a retrouvé l’homme qui l’avait sorti de l’eau. Il s’appelle Christian lui aussi, Christian Gueguen, et il était mécanicien sur l’Abeille Normandie qui avait été dépêchée sur la zone du crash. À bord d’un semi-rigide, c’est lui qui avait vu le rescapé et l’avait hissé à bord en état d’hypothermie avancé.
« J’ai gardé l’image de lui dans l’eau gravée dans ma mémoire »
J’ai gardé l’image de lui dans l’eau gravée dans ma mémoire. La deuxième image, c’est encore lui, allongé sur un lit, quand il a fallu le masser et le réchauffer car sa température corporelle était tombée à 32 °, raconte son sauveteur qui ne s’étendra pas sur la troisième image qu’il a en tête : celle des corps de trois autres passagers retrouvés trop tard. Sur les quatorze militaires embarqués le 10 février 1986 à bord de l’hélicoptère de la Marine nationale pris dans une tempête, seul Christian Grossmann avait pu être sauvé à temps.
Depuis, Christian Gueguen avait continué sa carrière sur les Abeilles, ces remorqueurs mobilisés pour porter assistance aux navires en détresse, quelles que soient les conditions météo. Il a ainsi participé à des centaines d’opérations de sauvetage pour des cargos, des voiliers de course au large ou des pétroliers dont l’Erika, qui avait sombré en décembre 1999. Mais ce sauvetage de 1986 restera le plus marquant de sa carrière.
« Ils ont partagé ce que l’on oublie jamais dans une vie »
Les retrouvailles ont, elles aussi, été marquantes. La surprise a été organisée par un ancien capitaine de l’Abeille Normandie, Aimé Pallec, qui a profité d’une remise de médailles de l’ordre du Mérite maritime à d’autres marins aussi méritant qu’eux pour créer cette rencontre. « J’ai voulu leur rendre hommage en faisant en sorte que ces deux Christian se retrouvent après quarante ans car ils ont partagé ce que l’on oublie jamais dans une vie, lorsque celle-ci ne tient plus qu’à un fil. »
Les deux marins, l’un de la Marine nationale, l’autre de la Marine marchande, se sont donc retrouvés au milieu de leur communauté des gens de mer, à Plœmeur (Morbihan) avec laquelle ils avaient plein de choses à raconter. Et ils se sont aussi rendu compte qu’après tout ce temps, ils ne vivent finalement qu’à quelques dizaines de kilomètres de distance, l’un à Lorient, l’autre à Douarnenez.




















