Le plaidoyer du marin pour l’orpheline

Le président de Mor Glaz se bat pour Océane, qui se voit réclamer le remboursement de son indemnisation.

C’était un fait divers tragique. Le 14 janvier 2013, au petit matin, deux marins sont retrouvés noyés dans le bassin du Commerce, à Cherbourg (Manche). Les deux hommes font partie des équipages de deux chalutiers de La Turballe, en Loire-Atlantique. Cette nuit-là, les deux hommes ont sans doute trop bu. Les deux navires sont à couple. Lorsque le premier tombe à l’eau en glissant sur le pont, le second se jette dans le bassin pour tenter de ramener son collègue. Il n’y parviendra pas.

L’accident du travail est avéré. L’Établissement national des invalides de la Marine, l’Enim, accepte de verser une indemnité de 5 000 €, plus une compensation de 500 € par mois, jusqu’à sa majorité, à la jeune Océane, l’orpheline du second marin, âgée de 13 ans.

Hélas, l’affaire se complique au début du mois de novembre. La Sécurité sociale des marins découvre que l’homme était ivre au moment du drame. Et, comme le dit Jean-Paul Hellequin, le président de Mor Glaz, association qui défend depuis des années les marins du monde entier,  » elle estime arbitrairement, avec une froideur administrative, qu’Océane ne doit plus percevoir d’aides et devrait même les rembourser sous quelques jours « . La somme réclamée frise les 10 000 €.

Face à cette affaire  » douloureuse et ubuesque «  révélée dans Ouest-France, le sang de Jean-Paul Hellequin ne fait qu’un tour. Lui, l’ancien marin de l’Abeille Flandres, ne peut supporter cette injustice. Il en appelle à la ministre Ségolène Royal, dont l’Enim dépend (1). Sans réel succès.  » Comme d’habitude, les fonctionnaires se réfugient derrière des textes.

 » Il n’a pas l’intention de s’arrêter là :  » L’Enim doit revenir sur cette mauvaise décision. La solidarité des gens de mer vient d’être remise en cause. Une sentence à l’encontre d’une orpheline de 13 ans n’honore pas une administration à caractère social et solidaire. Nous demandons qu’Océane retrouve ses droits et qu’elle soit soutenue par les services sociaux maritimes. « 

(1) Le journaliste Patrick Poivre d’Arvor, membre du conseil d’administration de Mor Glaz, est également intervenu auprès de la ministre, de même que la CGT des marins.

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