Association de citoyens qui défendent l'environnement maritime

 
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Parlons des activités maritimes à Etel dans le Morbihan avec les représentants du Front de Gauche.

Un navire pollue 5,5 fois moins et consomme jusqu'à 6 fois moins de carburant qu'un camion par tonne transportée, d'où l'intérêt de développer le transport maritime, le cabotage et les autoroutes de la mer. 90% des échanges mondiaux s'effectuent par la mer, la flotte mondiale c'est plus de 50.000 navires de plus de 140 mètres (1/3 de la flotte mondiale est sous norme), 1.850.000 marins recensés (4/5 viennent de pays pauvres).

La volonté politique de maintenir un Pavillon national fort est de la responsabilité des Etats, et des parlementaires. Du Pavillon dépend l'indépendance et la stratégie d'un pays et d'un continent.

L'Union Européenne doit définir avec les Etats et non pas pour les Etats une politique maritime socialement et techniquement respectueuse des Hommes et de l'Environnement.

Saviez-vous que le transport maritime est la première activité mondiale où tout est permis : Pavillons de complaisances, paradis fiscaux accompagnés de dérives sociales et fiscales. Et si les candidates et candidats s'intéressaient enfin aux Marins et aux activités maritimes françaises, Européennes et mondiales.

Les activités maritimes en France représentent

Marins " actifs " au commerce 12.000

Marins " actifs " à la Pêche 22.000

Pensionnés, veuves 120.000 (Sources F-D CGT des Marins)

310.000 emplois directs (bien plus que l'industrie automobile), en progression chaque année malgré les crises successives

52 Milliards de Chiffre d'affaire annuelle En France les grands ports Dunkerque, Le Havre, Nantes-St Nazaire, Marseille, et dans quelques années le grand Paris.

Les ports doivent redevenir des grands sites industriels et pas uniquement des zones de stockage ou de transit. Toutes les grandes métropoles sont des grands ports.

Qu'à fait la France durant ces 30 dernières années pour les Marins et le Pavillon Français ?

Qu'à fait la France pour former les Marins des personnels Officiers et non Officiers ?

Qu'à fait la France pour maintenir son Pavillon national, ses Marins nationaux et pour garder son rang au niveau mondial ? (avec 4 façades maritimes la France est au 27ème rang mondial elle se trouvait au 4ème en 1969).

Qu'à fait la France pour maintenir ou développer une industrie de construction et de réparation navale et créer une activité de déconstruction de navire ? Rien ou pas grand-chose, que des morceaux de sparadraps qui ne servent jamais les Marins.

Depuis 5 ans, la France a laissé s'accumuler les dérives, il est plus facile de noyer les électeurs dans des discours où le mot Marin, Mer et Pêche.…… ne sont jamais prononcés.

La Mer et les activités du secteur intéressent-elles les candidates et les des candidats. Les marins et travailleurs des professions liées au maritime ne voient pas leurs problèmes évoqués par la scène politique. Aujourd'hui l'on demande à l'ensemble des citoyens de choisir un candidat, pour le monde maritime il est bien difficile de s'y retrouver.

Le constat est sévère, toutes les dérives sont autorisées et parfois encouragées par le services de l'Etat.Le cumul emploi retraite au même poste crée le chômage dans un milieu qui pourrait et " devrait " être créateur d'emplois qualifiés et durables. Cette dérive est encouragée par les administrations des Affaires Maritimes et l'Etablissement National des Invalides de la Marine (ENIM).

La fédération nationale des syndicats maritime à déposé une proposition de loi au Sénat, en janvier, pour lutter contre le dumping social et fiscal, " Obligation du pavillon d'accueil pour les Armateurs qui opèrent en cabotage national et intracommunautaire ".

Le naufrage de " SEAFRANCE " plus de 650 salariés abandonnés sur les quais parce-que l'Etat a laissé faire sous couvert de gesticulations inutiles, tardives et électoralistes.

La diminution des moyens pour l'Action de l'Etat en Mer (AEM), un remorqueur supprimé dans le Golfe de Gascogne alors que l'insécurité grandit.

L'affrètement de deux navires étrangers pour effectuer des missions pour la marine nationale, avec des Marins sans véritable statut conformément aux conventions collectives du secteur. La diminution des personnels pour assurer une bonne veille dans les Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sécurité (CROSS).

Le manque de moyen pour les Centres de Sécurité des Navires (CSN), depuis des décennies la France et l'Union Européenne créent des concurrences effrénées et déloyales entre les ports, mettant en place un système permettant " autorisant " toutes les dérives sociales et de sécurité.

En France il y a 150 fonctionnaires pour contrôler les navires en escale dans les ports français. Il en manque plus de 50 pour faire face aux obligations de contrôle des navires étrangers et de pêche. Des navires mieux contrôlés c'est moins de navires dangereux sur les océans. En Bretagne le manque de fonctionnaires pour le contrôle des navires de pêche est une réalité.

Les ports de Marseille, du Havre, Dunkerque manquent d'inspecteurs pour contrôler les navires étrangers en escale. Le Havre et Marseille voient entre 7000 et 7500 escales de navire chacun suivant les années.

En Europe il y a environ 500 inspecteurs. L'Union Européenne et la Commission cèdent aux exigences des armateurs. Nous n'avons jamais cru que le nouveau système de contrôle allait augmenter la qualité des contrôles, que les navires allaient être plus et mieux contrôlés, après avoir rencontré des inspecteurs dans plusieurs ports nous affirmons que nous avions raisons. Exemple à Brest, avec l'ancien système de contrôle, les inspecteurs étaient libres, ils contrôlaient de 100 à 150 navires étrangers par an. Aujourd'hui les inspecteurs en contrôle moins de 50 , le système mis en place interdit de visiter des navires vus ailleurs (exemple le TK BREMEN).

La même règle est appliquée dans tous les ports. Le lobbying des armateurs a gagné. L'Europe développe un discours d'amélioration des contrôles. Il y a tout un monde entre la communication de la commission et la réalité. Comme toujours on prend les citoyens pour des imbéciles.

Le plan Marpol VI sur les émissions de soufre, décidé pour une mise en application dès 2015 par Bruxelles, sans qu'aucune étude sur les impacts économiques n'ait été faite en amont, et qui si il est voté en mai prochain en l'état c'est-à-dire sans report de la date butoir à 2015, sera responsable de la perte de milliers d'emplois de marins en Europe.

Nous demandons le maintien et le renforcement des prérogatives du Secrétariat Général de la Mer (SGMER).

Nous constatons trop de dérives sociales et techniques trop de dérogations trop d'us et coutumes dans cette activité.

Nous demandons de supprimer les aides aux Armateurs qui ne créeront pas d'emploi d'Officiers et de Marins français lorsque cela est possible.

Avec le gigantisme des navires, nous demandons de renforcer la protection du littoral en France avec des remorqueurs partout où cela est nécessaire, partout par où le danger transite. Nous demandons de renforcer les moyens nautiques, des Affaires Maritimes et des Douanes pour détecter et combattre les pollueurs et tous les trafics. Suite à l'échouage du Costa Concordia, les risques liés aux multi nationalités des équipages embarquées sur les navires à passagers.

En Europe il y a 1200 ports, 6 millions d'emploi, plus de 3 Milliards de tonnes de marchandises y transitent (moins de 10% du trafic mondial). 495 Milliards de valeur ajoutée. Une progression annoncée de 10% annuelle jusqu'en 2015.

La plus grande progression sera réalisée dans la conteneurisation des marchandises. Celle-ci a commencé dans les années 50/60, le gigantisme de ces nouveaux porte-conteneurs pose de plus en plus des problèmes de sécurité et de sûreté. 18.000 conteneurs sur le même navire cela représente un train de marchandise de 220 kms soit Brest Rennes.

Le transport par la mer est le moyen le plus sûr même si trop souvent les navires sont des paradis fiscaux flottants.

Le futur " Capitaine " de la France devra nous indiquer quel cap il souhaite prendre pour les activités maritimes, le Pavillon, les Marins, les Familles, les Retraités et les veuves.

Ici à Etel je ne pouvais que revenir sur l'échouement du " TK BREMEN ". Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2011 le cargo " TK BREMEN " immatriculé à Malte (pays de l'Union Européenne réputé pour son registre de complaisance) appartenant à un armateur Turc s'échoue sur une plage (site classé natura 2000). Cet échouement surprend, la Ministre de l'environnement qui est indignée, mais aussi ceux qui ont conseillé ce mouillage au capitaine du " TK BREMEN ".

Je me suis rendu sur place le 19 décembre 2011, il fallait déconstruire le plus rapidement possible ce navire sur place en respectant au mieux l'environnement. " La houle, les rouleaux fragilisaient un peu plus la coque du navire chaque jour, la bonne solution a été retenue. Ce navire devait être "déconstruit sur place rapidement". "Il ne fallait pas qu'il reprenne la mer" contrairement à d'autres nous, nous pensions que ce navire ne pouvait pas et ne devait pas être remorqué, d'ailleurs ce remorquage était impossible pour des raisons évidentes. Nous avions rejoint les autorités sur la décision qui avait été prise ".

Le 23 décembre 2011 devant plusieurs élus et médias, nous avions réitéré notre position. Nous avons salué la manière avec laquelle la déconstruction s'est effectuée. Cette urgence électoraliste de vouloir faire place nette au plus vite, aura au moins servie à démontrer que des entreprises Bretonnes peuvent et savent déconstruire des navires (en respectant l'Homme et l'Environnement), espérons que la prochaine fois cette activité de déconstruction s'effectuera dans une cale sèche où le long d'un quai à Brest. Durant les 48 heures qui ont suivi l'échouement, nous avions entendu tout et n'importe quoi : sur le pavillon de Malte qui serait fiable, sur le bon état du navire sans même être monté à bord. Ce navire se fait toujours contrôler en Bulgarie ou en Roumanie, même dans ces pays plutôt complaisants, en 2010, cinq anomalies importantes ont été relevées sur ce cargo, c'est vous dire……

Jean Paul HELLEQUIN