Association de citoyens qui défendent l'environnement maritime

 

NANTES, 21 mars 2017 (PressPepper) - L'avocat de l'orpheline d'un marin-pêcheur de la Turballe (Loire-Atlantique), mort en janvier 2013 dans le port de Cherbourg (Manche), a demandé mardi au Tribunal des affaires de la sécurité sociale (TASS) de reconnaître que cette noyade était un "accident de travail".

L'enjeu est important pour l'adolescente, âgée aujourd'hui de 17 ans : l'Etablissement national des invalides de la Marine (Enim), la caisse de sécurité sociale des marins, lui demande le remboursement de 9.980 € qu'il lui aurait versés à tort pendant les dix premiers mois qui ont suivi l'accident, sous forme de pension d'orpheline.

Son père était en effet tombé dans le port avec un autre pêcheur, lui aussi mort au cours de la même nuit, après avoir bu tous deux beaucoup d'alcool sur leurs bateaux à quai. Cet élément est de nature à rompre le lien de subordination entre les victimes et leur armateur, selon l'Enim, et donc à faire perdre à la noyade son caractère d'accident de travail. Les deux hommes se trouvaient pourtant en escale pour une livraison de poisson, après avoir pêché le bar en Manche.

"Tout cela, c'est juste une question d'argent", balaie Jean-Paul Hellequin, porte-parole des marins CGT du grand Ouest et président de l'association Mor Glaz, une "association de citoyens de défense de la mer et de ses activités". L'homme était ainsi présent mardi à Nantes à l'audience, pour témoigner de la "solidarité des gens de mer" avec la jeune orpheline et fustiger une décision "odieuse".

Son association avait déjà demandé à la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal de "mettre fin à la machine administrative inhumaine et froide qui vient de prendre une telle décision", après la révélation des faits en 2013.

"L'alcool n'a pas pu être embarqué à bord du bateau sans l'accord de l'armateur... Qu'on essaie de nous faire croire qu'il n'était pas au courant me laisse pantois", insiste Jean-Paul Hellequin. Celui-ci convient par ailleurs que la consommation d'alcool est "un fléau" chez les marins, et qu'elle doit être "très limitée, voire interdite si nécessaire" à bord des navires.

Le TASS, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son jugement le 11 mai prochain./GF (PressPepper)

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